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Résumé

On sait peu de choses sur John Smith (1618–1652) dont la vie semble avoir été un modèle de conscience professorale et de vertu toute simple. Né de parents âgés, il entra en 1636 à Emmanuel Collège, fondation puritaine, où il obtint le MA en 1644. Transféré à Queens’ College en 1645, il eut pour maître et tuteur Benjamin Whichcote qui ne se contenta pas de diriger ses travaux mais l’aida financièrement. Devenu à son tour enseignant, il y acquit la réputation d’un homme droit, au grand cœeur, modeste, mais véritable “bibliothèque vivante ou ambulante”.1 Il enseigna les mathématiques, les langues sémitiques2 et la théologie; c’est à lui qu’on doit l’ introduction de l’enseignement de la philosophie de Descartes à Cambridge. Ses biographes soulignent qu’il n’y avait rien en lui “de revêche ni de stoïcien”.3 Il appartient à la première génération de ces théologiens philosophes connus désormais sous le terme générique de Platoniciens de Cambridge.4 Ses écrits (une dizaine de sermons plutôt que de traités) furent publiés après sa mort, à Londres, en 1660 par les soins de Samuel Cradock sous le titre de Select Discourse..5

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Notes

  1. 1.
    “Living library and walking study” comme disait dans le sermon prononcé à ses funérailles, Simon Patrick.Google Scholar
  2. 2.
    Il était bon hébraïste. Voir la multiplicité et la précision des références à des commentaires rabbiniques ou à Maïmonide dans le Discours sur la prophétie. Google Scholar
  3. 3.
    “He was a plain-hearted both friend and christian, one in whose spirit and mouth there was no guile; a profitable companion; nothing of vanity and triflingness in him, as there was nothing of sowrness & stoicism”. John Worthington, in J.Smith, Select Discourse., to the reader, p. x.Google Scholar
  4. 4.
    Cf. Tulloch, Rational Theology and Christian Philosophy in England in the XVIIth centur., 1872, t.11, p. 6, qui nomme Whichcote, Smith, Cudworth et More, écrit: “Apart from the affinities of thought, which bind these men together into one of the most characteristic groups in the history of religious and philosophical thought in England, they were all closely united by personal and academic associations. In this respect they stand… distinctively by themselves…. They constitute a school of opinion in a… real and effective sense”.Google Scholar
  5. 5.
    Select Discourse., (1660, New-York: Garland, 1978). Toutes nos références seront données dans cette édition.Google Scholar
  6. 6.
    Tulloch, op. cit., II, p. 14.Google Scholar
  7. 7.
    Cf. Cassirer, The Platonic Renaissance in Englan., (Londres: Nelson 1953), ch. I., ainsi que Schmitt, Walker et bien d’autres.Google Scholar
  8. 8.
    Selon le mot de Numenius repris par Eusèbe.Google Scholar
  9. 9.
    “En Philosophie, m’a toujours paru vraie la thèse qui veut que Sagese et Piété naissent des mêmes sources, qu’elles visent une fin unique, et que toutes les autres notions qui les constituent aient une forme semblable (Vera mihi semper in philosophia visa est sententia sapientiam atque pietatem ex eisdem fontibus nascentes, unumque ad finem respicientes, omnes quoque rationes alias quibus consistant habere conformes”. Dedicace à Paul III du De perenni philosophi. (1540).Google Scholar
  10. 10.
    Voir notamment Lipse, Manuducti., I, 5 et Clément d’Alexandrie, Stromate., II, 14.Google Scholar
  11. 11.
    Smith, Of the immortality of the sou., p. 106.Google Scholar
  12. 12.
    Cicéron, Sénèque, Epictète. Marc-Aurèle en revanche n’est quasiment jamais cité, tout comme chez Lipse.Google Scholar
  13. 13.
    Cf. J. Daniélou, Platonisme et théologie mystique, saint Grégoire de Nyss., (Paris: Aubier, 1944).Google Scholar
  14. 14.
    Juste Lipse dans la Manuducti. et dans la Physiologia Stoicoru. de 1604. Cf. J. Lagrée, Juste Lipse et la restauration du stoïcism., (Paris: Vrin, 1994).Google Scholar
  15. 15.
    Respectivement p. 1 & 295.Google Scholar
  16. 16.
    “...without descending into Niceties and Subtilties such as the school-men and others from them have troubled the World with”. p. 345.Google Scholar
  17. 17.
    Smith, op. cit., p. 382.Google Scholar
  18. 18.
    “He that will fully acquaint himself with the Mysteries thereof, must come furnisht with some praecognit. or prolepseis “. p. 1.Google Scholar
  19. 19.
    “La raison fait son plein de prénotions pendant les sept premières années de la vie”. Aetius, Opinion., IV, 11, 900c.Google Scholar
  20. 20.
    Selon Chrysippe, voir Diogène Laërce, Vie., VII, § 54.Google Scholar
  21. 21.
    Cicéron, Finibu. III, 33 (SVF III, 72): “La notion de Bien se produit par analogie rationnelle (collatione rationis boni notitia facta est)”.Google Scholar
  22. 22.
    Chez Chrysippe cité par Plutarque, Contr. St., XVII: “La doctrine des biens et des maux qu’il introduit et qu’il adopte est dit-il ‘d’accord avec la vie et s’attache tout à fait aux prénotions innées”‘.Google Scholar
  23. 23.
    Cudworth, T.I.S.U., Londres, 1678, p. 730. Cassirer, op. cit., p. 56.Google Scholar
  24. 24.
    Contre Bacon. Cf. la critique baconienne des anticipationes mentis. Google Scholar
  25. 25.
    Op. cit., p. 97.Google Scholar
  26. 26.
    Juste Lipse, Manuductio Stoicoru., II, 11.Google Scholar
  27. 27.
    1540. Voir l’étude de Julien Eymard d’Angers sur “Epictète et Sénèque d’après le De perenni philosophia d’Augustin Steuco”, Revue des sciences religieuse., 1961/1, ainsi que l’étude de D. Scott “Platonic Recollection and Cambridge Platonism” in Hermathena, Trinity College Dublin Revie., Nº CXLIX, Winter 1990, p. 91.Google Scholar
  28. 28.
    Smith, op. cit., p. 1–2.Google Scholar
  29. 29.
    Ibid., p. 6 & 15.Google Scholar
  30. 30.
    Ibid. p. 4.Google Scholar
  31. 31.
    “Neither are the common principles of vertue so pull’d up by the roots in all, as to make them so dubious in stating the bounds of Vertue and Vice as Epicurus was, though he could not but sometimes take notice of them”. (ibid., p. 13).Google Scholar
  32. 32.
    Objet d’une notitia communi. ou d’une notion originelle (notiones orta.) produite également en tous les hommes par la voix de la nature. “For we cannot easily conceive how any Prime notion that hath no dependency on any other antecedent to it, should be generally entertain’d, did not the common dictate of nature or reason, acting alike in all men, move them to conspire together in the embracing of it, though they knew not one anothers minds”. (p. 64). Un peu plus haut (p. 60) Smith cite le ch. 38 du Manue. d’Epictète.Google Scholar
  33. 33.
    Autres références: ibid. p. 71, p. 106 qui montre que l’immortalité de l’âme peut être envisagée soit comme notion commune soit comme un “théorème de la raison libre et impartiale”.Google Scholar
  34. 34.
    Ibid., p. 63.Google Scholar
  35. 35.
    Ibid., p. 64.Google Scholar
  36. 36.
    To ἡγεμονι κ όν, ibid., p. 5. Le terme est aussi employé par Cudworth pour désigner “the proper Self’.Google Scholar
  37. 37.
    Ibid., p. 79. Voir aussi p. 117–118: “those impressions that are derived from our Bodies to our Souls which the Stoicks call ἄλογα πάθη not because they are repugnant to Reason or are aberrations from it but because they derive not their original from Reason but from the Body which is ἄλό γ o ν τ ί“. Google Scholar
  38. 38.
    Tυπώσι. ἐ νψυχή , p. 82. Google Scholar
  39. 39.
    Cf. Diogène Laërce, Vie., VII, 86: “Pour les animaux suivre la nature c’est se gouverner selon l’inclination”. La passion est qualifiée d’inclination débordante ou excessive, όρμή πλεοηαζουσα.Google Scholar
  40. 40.
    ὂρμὴ πρὸs τὸν θέον, ibid., p. 49.Google Scholar
  41. 41.
    Tὰs πρώταs κατά ύσιν ὃρμαs, ibid., p. 118.Google Scholar
  42. 42.
    Ibid., p. 446.Google Scholar
  43. 43.
    Ibid., p. 449.Google Scholar
  44. 44.
    La liberté du vouloir est appelée αὐ τεξούσιον, p. 89 & 91.Google Scholar
  45. 45.
    Of Atheis., p. 49–50.Google Scholar
  46. 46.
    “The common notions of a Deity strongly rooted in Mens Souls and meeting with the apprehensions of guiltiness are very apt to excite this servile fear”. p. 31.Google Scholar
  47. 47.
    Cité p. 44.Google Scholar
  48. 48.
    “L’ athéisme est une fausse opinion qui, persuadant à l’impie qu’il n’existe point d’être immortel et souverainement heureux le conduit par cette incrédulité à un état d’indifférence envers les dieux”. Trad. Ricard des Oeuvres morale. de Plutarque, Paris, 1844, t.I, p. 369.Google Scholar
  49. 49.
    Ibid., p. 382.Google Scholar
  50. 50.
    Ibi., p. 386.Google Scholar
  51. 51.
    Notamment p. 27, 43, 45. Citation de Plutarque, De la disparition des oracle., p. 32.Google Scholar
  52. 52.
    Of Atheis., p. 54.Google Scholar
  53. 53.
    Of the Immortality of Sou., p. 59 et Of the Excellency and Nobleness of true Religio., p. 382 sq.Google Scholar
  54. 54.
    Ibi., p. 383.Google Scholar
  55. 55.
    Ibi., p. 382–3.Google Scholar
  56. 56.
    Cf. Whichcote: “to go against reason is to go against God”. Aphorisme 76, cité par Cassirer, op. cit. p. 40.Google Scholar
  57. 57.
    Smith, op. cit., p. 388.Google Scholar
  58. 58.
    “The Stoicks thought no man a fit auditor of their ethiks till he were dispossess’d of that opinion that man was nothing but συμπλοκή ψυχηζ καὶ σώματos as professing to teach men how to live only κατὰ λό03B3;ov as they speak”. p. 387.Google Scholar
  59. 59.
    “πεσθαι θβῷ εστι ε&πεσθοαι λоγ ή όρθφ πείθεσθαι καίθβφ, ταυτόν έστι” cité p. 389. Cf. Lipse Ma., II 16, citant Sénèque De vit. beat., 15 et assimilant le sequi Deu. à la sequel. ou consécution rationnelle (Man. III, 1).Google Scholar
  60. 60.
    “Our knowledge is chronical and successive and cannot grasp into division and multiplicity; we know all this is from want of Reason and Understanding and that a pure and simple Mind and intellect is free from all these restraints and imperfections and therefore can be no less then Infinite”. op. cit. p. 127.Google Scholar
  61. 61.
    Op. cit., p. 9. Cf Sénèque, Ep. 9., § 50.Google Scholar
  62. 62.
    Op. cit., p. 139.Google Scholar
  63. 63.
    Op. cit., p. 89.Google Scholar
  64. 64.
    Op. cit., p. 397.Google Scholar
  65. 65.
    Op. cit., p. 90.Google Scholar
  66. 66.
    Op. cit., p. 418.Google Scholar
  67. 67.
    Op. cit., p. 89.Google Scholar
  68. 68.
    Op. cit., p. 145.Google Scholar
  69. 69.
    Op. cit., p. 146.Google Scholar
  70. 70.
    Op. cit., p. 148.Google Scholar
  71. 71.
    “Hell is rather a Nature then a place and Heaven cannot be so truly defined by anything withou. us as by something that is withi. us”. op. cit., p. 447.Google Scholar
  72. 72.
    Sénèque, Ep. 81, §19; De vita beat., IX, 4.Google Scholar
  73. 73.
    Voir par exemple Cassirer, p. 29 & 56: “In this theory of natural law which it opposes to the doctrine of the state of the empirical philosophy, the Cambridge school again has developed no new and original ideas. It is in general content to allude to the ancient models and especially to the model of the Stoa”.Google Scholar
  74. 74.
    Op. cit., p. 154.Google Scholar
  75. 75.
    De leg., I, vII, § 23.Google Scholar
  76. 76.
    A la différence de la conception puritaine ou de la thèse cartésienne de la libre création des vérités éternelles.Google Scholar
  77. 77.
    Op. cit., p. 156.Google Scholar
  78. 78.
    Smith, op. cit., p. 3.Google Scholar
  79. 79.
    The true Way or Metho., III, p. 17.Google Scholar
  80. 80.
    Et non pas géométriquement, conformément à leur valeur respective.Google Scholar
  81. 81.
    Sénèque, notamment Ep. 53, 11.Google Scholar
  82. 82.
    En dessous de Platon et Plotin situés dans le quatrième groupe.Google Scholar
  83. 83.
    L’ataraxie a été “idolatrée par le stoïcien qui en a fait l’unique et suprême béatitude de l’âme”. op. cit., p. 418.Google Scholar
  84. 84.
    Op. cit., p. 135–6.Google Scholar
  85. 85.
    Op. cit., p. 418.Google Scholar
  86. 86.
    Ep. 52 & 31. cité p. 390.Google Scholar
  87. 87.
    “The stoicks seeing they could not raise themselves up to God, endeavour to bring down God to their own model, imagining the Deity to be nothing else but some greater kind of Animal and a wise man to be almost one of his peers”. op. cit., p. 390.Google Scholar
  88. 88.
    Of the Excellency and Nobleness of true Religion, op. cit., p. 419.Google Scholar
  89. 89.
    Manuducti., III,14.Google Scholar
  90. 90.
    Ce type de rapprochement entre une école antique et un courant juif n’est pas rare comme en témoigne le rapprochement traditionnel au xvIIe siècle entre les Epicuriens et les Sadducéens.Google Scholar
  91. 91.
    Op. cit., p. 451.Google Scholar
  92. 92.
    Man., I, 5.Google Scholar
  93. 93.
    Sur le statut des idées plus particulièrement.Google Scholar
  94. 94.
    Les auteurs qu’il cite le plus sont Plotin et Proclus.Google Scholar
  95. 95.
    Par exemple sur l’assimilation du monde à Dieu (le monde est Dieu non par essence mais par participation (Phys. II, 8) ou sur la notion d’âme du monde (Dieu n’est pas l’âme du monde mais ce dont procède l’âme du monde) ou encore sur l’interprétation du principe passif comme identique à la matière (Phys. I, 4).Google Scholar
  96. 96.
    “sullen”, op. cit., p. 451.Google Scholar
  97. 97.
    Voir l’importance accordée à la formule oυ θόν ou sequi deu. qui vient de Pythagore.Google Scholar
  98. 98.
    “It was a common notion in the old Pythagorean and Platonick theology τον Δία μετασχηματισθέντα εἰζ τὸν ἔρоτα, etc. (as Proclus phraseth it),: that the divinity transformed into Love...”. op. cit., p. 326.Google Scholar
  99. 99.
    Entretien., I, 3, cité par Smith, op. cit., p. 103.Google Scholar
  100. 100.
    Mais sur le mode mineur.Google Scholar
  101. 101.
    Exemple chez P. Ricœur.Google Scholar
  102. 102.
    Exemple: V. Carraud, Pascal et la philosophi., Paris, 1992.Google Scholar

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© Springer Science+Business Media Dordrecht 1997

Authors and Affiliations

  • Jacqueline Lagrée

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