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Liberté et VéRité: Politique Et Morale Dans La Correspondance Hollandaise De More Et De Cudworth

  • Luisa Simonutti
Chapter
Part of the International Archives of the History of Ideas / Archives Internationales d’Histoire des Idées book series (ARCH, volume 150)

Résumé

Même si elle est motivée par des finalités ouvertement polémiques et parfois apologétiques, la description que Simon Patrick1; donne en 1662 du milieu de Cambridge à cette époque apparaît toujours comme très significative. 2 Il s’arrête sur les aspects politico-religieux modérés qui caractérisaient les représentants de la tendance latitudinaire, tendance qui, même dans un milieu à forte tradition puritaine3 et malgré le devoir de sauvegarder au sein de l’Université la foi anglicane, s’était imposée “à côté” de la plus rigoureuse orthodoxie. Dans son oeuvre Brief account of the new sect of Latitude-me., 4 Patrick décrit à son correspondant anonyme d’Oxford les caractéristiques culturelles essentielles de ce groupe de théologiens, d’érudits et de polémistes qui se regroupaient sous le nom — alors à l’acception ironique et négative — de latitudinaires5 et il souligne leur position religieuse:

As for the Rites and Ceremonies of Divine worship, they do highly approve that vertuous mediocrity which our Church observes between the meretricious gaudiness of the Church of Rome, and the squalid sluttery of Fanatick conventicles.6

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Notes

  1. 1.
    T. A. Birrell, dans l’introduction minutieuse de la nouvelle édition de Brief account of the new sect of Latitude-me., (The Augustan Reprint Society, Los Angeles: William Andrews Clark Memorial Library, 1963) dresse la liste des éléments qui prouvent que le latitudinaire Simon Patrick est bien l’auteur de cette oeuvre brève. Cependant, certaines difficultés, récemment soulevées par John Spurr, demeurent quant à cette paternité, “‘Latitudinarianism’ and the Restoration Church”, The Historical Journa., 31, 1(1988), pp. 61–82, voir p. 70.Google Scholar
  2. 2.
    En plus de la recherche de Spurr ci-dessus citée, je me réfère surtout au volume édité par Richard Kroll, Richard Ashcraft et Perez Zagorin, Philosophy, Science, and Religion in England 1640–170. (Cambridge: Cambridge University Press, 1992); Martin I. J. Griffin Jr., Latitudinarianism in the Seventeenth-Century Church of Englan., annoté par Richard H. Popkin, édité par Lila Freedman (Leiden, etc.: E. J. Brill, 1992), etCrossRefGoogle Scholar
  3. 2a.
    W. M. Spellman, Latitudinarians and the Church of England 1660–170. (Athens GA: University of Georgia Press, 1993).Google Scholar
  4. 3.
    Cf. Mark H. Curtis, Oxford and Cambridge in transition 1558–164. (Oxford: Clarendon Press, 1959), voir les chap. VII et VIII; etGoogle Scholar
  5. 3a.
    John Gascoigne, Cambridge in the age of the Enlightenment. Science, religion and politics from the Restoration to the French Revolutio. (Cambridge: Cambridge University Press, 1989), voir la première partie; etCrossRefGoogle Scholar
  6. 3b.
    John Spurr, Restoration Church of England 1646–168. (Yale: Yale University Press, 1992).Google Scholar
  7. 4.
    [Simon Patrick], A Brief account of the new sect of Latitude-men. Together with some reflections upon the New Philosophy. By S.P. of Cambridge. In answer to a letter from his friend at Oxfor. (Londres, 1662).Google Scholar
  8. 5.
    Des études récentes ont analysé avec perspicacité les caractéristiques, l’importance et l’impact qu’eurent au cours du XVIII siècle les théologiens et philosophes appelés latitudinaires. On se réfère en particulier à l’étude de John Gascoigne, Cambridge in the age of the Enlightenment, op. cit.. Frederick C. Beiser, The Sovereignty of Reaso., (Princeton: Princeton U.P., 1996) ch. III, IV; et à l’oeuvre principalement dédiée à l’analyse de différents aspects du latitudinarianisme revu par R. Kroll, R. Ashcraft et P. Zagorin, Philosophy, Science, and Religion in England 1640–1700, op. cit.. voir en particulier l’introduction de Kroll qui parcourt du point de vue historiographique les principales interprétations du phénomène latitudinaire qui apparurent au cours des années soixante et soixante-dix. Cf. également les recherches de Spurr déjà citées. Une nouvelle lecture critique complète du latitudinarisme se trouve dans les deux oeuvres récentes de Griffin et de Spellman (cf. supra). Google Scholar
  9. 6.
    [Simon Patrick], A Brief account of the new sect of Latitude-men, op. cit., p. 7.Google Scholar
  10. 7.
    Ibid., p. 9.Google Scholar
  11. 8.
    Cf. Joseph M. Levine, “Latitudinarians, neoplatonists, and the ancient wisdom”, in: R. Kroll, R. Ashcraft et P. Zagorin, Philosophy, Science, and Religion in England 1640–1700, op. cit., pp. 85–108; Sarah Hutton, “Edward Stillingfleet, Henry More, and the decline of Moses Atticu.: a note on seventeenth-century Anglican apologetics”, in: ibid., pp. 68–84; et Richard H. Popkin, The Third Force in seventeenth-century though. (Leiden, etc.: Brill, 1992), voir chap. XXI, ‘Cudworth’, pp. 333–350.Google Scholar
  12. 9.
    Sur la signification de la métaphore de l’horloge au milieu du siècle, cf. M. A. Laurens Laudans, “The clock metaphor and probabilism: The impact of Descartes on English and methodological thought, 1650–1665”, Annals of Scienc., 22 (1966), pp. 73–104.CrossRefGoogle Scholar
  13. 10.
    [Simon Patrick], A Brief account of the new sect of Latitude-men, op. cit., p. 22.Google Scholar
  14. 11.
    Quelques essais récents ont reconsidéré de façon plus critique certaines interprétations, pourtant fondamentales, du rôle des latitudinaires dans le milieu scientifique. Parmi les nombreuses recherches sur le puritanisme et la nouvelle science (pour n’en citer que quelques unes: D. Stimson, “Puritanism and the new philosophy in 17th century England”, Bulletin of the Institute of the History of Medicin., 1935, pp. 321–334; et les nombreux essais de R. J. Jacob et de M.C. Jacob.) celles qui sont les plus typiques de cette ligne interprétative sont présentées et développées dans le livre rédigé par Charles Webster, The Intellectual Revolution of the Seventeenth Centur. (London & Boston: Routledge and P. Kegan, 1974). Pour une critique plus récente, cf. R. Kroll, Introductio. à l’oeuvre de R. Kroll, R. Ashcraft et P. Zagorin, Philosophy, Science, and Religion in England 1640–1700, op. cit., pp. 1–28; et les nombreuses études de Michael Hunter et en particulier: “Latitudinarianism and the `ideology’ of the early Royal Society: Thomas Sprat’s History of the Royal Societ. (1667) reconsidered”, in ibid., pp. 199–229.Google Scholar
  15. 12.
    Cf. J. Spurr, “`Latitudinarianism’ and the Restoration Church”, The Historical Journa., art. cit.Google Scholar
  16. 13.
    La reconstruction méticuleuse du milieu philosophique, scientifique et politique de Cambridge (et de ses particularités par rapport à l’université d’Oxford) où agirent les latitudinaires, qui nous est fournie par J. Gascoigne (Cambridge in the age of the Enlightenment, op. cit.. démontre et accentue à nouveau le rôle que le groupe latitudinaire joua dans le développement des sciences et de la réflexion philosophique politique sous l’Angleterre de la seconde moitié du XVII et au cours du XVIII. Cf. du même auteur, “Politics, patronage and Newtonianism: the Cambridge example”, Historical Journa., 27, pp. 1–24; du même: “Anglican latitudinarianism and political radicalism in the late eighteenth century”, Histor., 71, pp. 22–38; J. Spurr, “‘Rational Religion’ in Restoration England”, Journal of the History of Idea., 49 (1988), pp. 563–585.CrossRefGoogle Scholar
  17. 14.
    [Simon Patrick], A Brief account of the new sect of Latitude-men, op. cit., p. 22.Google Scholar
  18. 15.
    Patrick écrit: “True Philosoph. can never hurt sound Divinity. Christian Religion was never bred up in the Peripatetick schoo., but spent her best and healthfullest years in the more Religious Academy, amongst the primitive fathers; but the Schoolmen afterwards ravished her thence, and shut her up in the decayed ruines of Lyceum, where she served an hard servitude, and contracted many distempers: why should she not at last be set at liberty, and suffered to breath in a free air? let her alone be Mistress, and choose her Servants where she best like; let her old loving Nurse the Platonick Philosoph. be admitted again into her family; nor is there any cause to doubt but the Mechanick also will be faithfull to her, no less against the open violence of Atheism., than the secret treachery of Enthusias. and Superstitio., as the excellent works of a late learned Author have abundantly demonstrated”. Ibid., p. 24.Google Scholar
  19. 16.
    Cf. la lettre de Glanvil à Oldenburg, dans: The Correspondence of Henry Oldenbur., publiée par A. Rupert et M. Boas Hall (Madison, etc.: 1961–86, 13 vol.), v.VI, p. 372.Google Scholar
  20. 17.
    [Simon Patrick], A Brief account of the new sect of Latitude-men, op. cit., p. 11.Google Scholar
  21. 18.
    Ibid., p. 10.Google Scholar
  22. 19.
    Patrick prononça le sermon aux funérailles de John Smith, cf. J. Smith, Select Discourse., (4e éd. Cambridge: H. G. Williams, 1859), pp. 491–521. Cf.Google Scholar
  23. 19a.
    S. Patrick, Autobiograph., (Oxford, 1839).Google Scholar
  24. 20.
    Cf. G. Burnet, History of my own tim. (Oxford: Th Ward, 1833, (l e édition 1723–34) 6 vol.), vol. I, p. 335. Cet auteur rappelle également que le terme latitudinair. fut utilisé dans un premier temps pour désigner les néo-platoniciens de Cambridge, (Ibid., p. 334) et Patrick utilise ce terme dans ce sens. Cependant, la liste des philosophes latitudinaires est beaucoup plus longue. Cf. J. Spurr, “‘Latitudinarianism’ and the Restoration Church”, The Historical Journal, art. cit., p. 69.Google Scholar
  25. 21.
    Voir G. R. Cragg, From puritanism to the age of reaso., (Cambridge: At the University Press, 1950), chap. III—IV;Google Scholar
  26. 21a.
    W.K. Jordan, The Development of Religious Toleration in Englan., vol. IV, (Gloucester, Mass.: Peter Smith, 1940), voir chap. 1-A et B; et le débat historiographique plus récent cidessus cité.Google Scholar
  27. 22.
    La correspondance étudiée est constituée de vingt-neuf lettres: douze de Limborch à More et quatre réponses de ce dernier, neuf de Limborch à Cudworth et quatre réponses de ce dernier. Toute la correspondance est conservée près l’Universiteit Bibliotheek d’Amsterdam (que nous appellerons maintenant sous le sigle: UBA). Cette correspondance nous permet d’analyser une série de réflexions éthicopolitiques des néo-platoniciens de Cambridge, comme Henry More, Ralph Cudworth et quelques personnages mineurs; réflexions qu’ils exprimèrent non seulement dans leurs œuvres respectives mais également au cours de leurs relations épistolaires avec le penseur hollandais Philippus van Limborch. Cette correspondance dura une vingtaine d’années (entre 1666 et 1687, année de la disparition de More suivie quelques mois plus tard de la mort de Cudworth); elle commença et fut souvent animée par les questions et les réflexions du théologien arminien. Cette correspondance nous permet d’approfondir les positions philosophico-critiques de ces auteurs et surtout d’examiner certains aspects de leur réflexion politique par rapport à la théorie éthique.Google Scholar
  28. 23.
    Le séjour de Grotius en Angleterre en 1613 et l’attention pour les idées arminiennes qu’il suscita auprès de la cour et du roi Jacques Ier en personne, l’envoi de la délégation anglaise afin d’assister aux travaux du Synode de Dordrecht (1618) furent le signe de cette attention réciproque. Cf. Godfrey Davies “Arminian versus Puritan in England, ca. 1620–1640”, dans The Huntington Library Bulleti., 5 (1934), pp. 157–179; et les essais d’Andrew Pettegree, “The French and Walloon communities in London, 1550–1688”, pp. 77–96 et Ole Peter Grell, “From persecution to integration: the decline of the AngloDutch communities in England, 1648–1702”, pp. 97–127 que l’on retrouve dans From persecution to toleration. The Glorious Revolution in Englan., édité par O. P. Grell, J. I. Israel et N. Tyacke (Oxford: Clarendon Press, 1991).Google Scholar
  29. 24.
    En écrivant à Isaac Vossius à Londres en 1664 afin qu’il fasse accepter par l’Eglise d’Angleterre la religion des Remontrants, Poelenburg n’oublie pas d’envoyer ses salutations à Thomas Pierce d’Oxford, à Peter Gunning et à Henry More de Cambridge. Cf. Lettre de A. Poelenburg à I. Vossius, in UBA.Google Scholar
  30. 25.
    Cf. A. W. Harrison, The Beginnings of Arminanism to the Synod of Dor. (Londres: University Press of London, 1926); du même, Arminianis. (London: Duckworth, 1937);\Google Scholar
  31. 25a.
    C. Bangs, Arminius. A study in the Dutch Reformatio. (New York, etc.: Abingdon Press, 1971); et surtoutGoogle Scholar
  32. 25b.
    N. Tyacke, Anti-Calvinists. The rise of English Arminianis. (Oxford: Clarendon Press, 1987).Google Scholar
  33. 26.
    Limborch écrit: “Insignem tuum paci ac caritati inter dissentientes ac longe a se […] divulsos Christianorum caetus resarciendae Zelum, qui totus ardere videris, non possumus non exosculari. Quis enim, quem aliqua mansueti Servatoris nostri Spiritus aura afflavit, non ingemiscat, quando serio apud animum suum perpendit, christianos, quos una fides, unum baptisma, una spes unius ejusdemque salutis, tanquam fratres in uno Patre ac Domino colligare oportebat, ob dissensiones in dogmatibus magis intricatis quam solidis, magis ad rixas quam pietatem compositis, non tantum in partes ire, sed et odiis plusquam Vatinianis turgere, et conservos, imo fratres suos, caelo terraque proscribere? Ex caritate frat(r)erna discipulos suos aestimari vult Servator. Quare illi mihi laudatissimo incumbere videntur studio, qui ad tristes illas animorum dissensiones non tantum ingemiscunt, sed odia tollere, ac charitatem resuscitare summo studio contendunt. Atque hoc praecipue nomine caetus noster se mihi commendat, quod aperte tolerantiam dissentientium a nobis Christianorum profiteamur; tanto non facturus defensionem veritatis, si destituta esset studio pacis”. trad.: “Nous ne pouvons pas ne pas louer ce remarquable zèle dont tu sembles enflammé, zèle qui devrait rétablir la charité et la paix parmi les communautés chrétiennes qui sont profondément divisées et en mutuel désaccord. Car quel est celui sur lequel a soufflé l’Esprit de notre doux Sauveur, qui ne s’afflige pas quand il se rend compte en son âme que ces chrétiens, qu’une seule foi, un seul baptême, un seul espoir en un seul et même salut devrait lier comme des frères à leur seul Père et Seigneur, au contraire, à cause de ces dissensions sur les dogmes, plus embrouillés que véritables, plus adaptés à des querelles qu’à la piété, non seulement se divisent en factions, mais aussi s’adonnent à des haines plus acerbes que celles de Vatinius, et poursuivent au Ciel et sur terre leurs compagnons dans le service, qui sont en vérité leurs frères? Le Sauveur veut juger ses disciples selon leur charité fraternelle. Pour cela, il me paraît que se dédient à un très louable effort ceux qui non seulement s’affligent de ces tristes dissensions des âmes, mais qui s’efforcent avec le plus grand zèle de faire cesser les haines et de faire revivre la charité. Et c’est à cet égard que je considère notre communauté digne d’éloges, c’est-à-dire que, ouvertement nous professons la tolérance des chrétiens qui ont une opinion différente de la nôtre. Cette communauté ne pourrait tant faire pour la défense de la vérité si celle-ci était séparée de la recherche de la paix”. Lettre à More, 31 mars 1666, in UBA.Google Scholar
  34. 27.
    C. S. P. W. Vraisemblablement, Limborch connaissait les oeuvres de More, peut-être indirectement, grâce à Poelenburg qui était en étroite relation avec les Anglais auxquels il avait envoyé ses oeuvres. Cf. les lettres de A. Poelenburg à Limborch, dans UBA.Google Scholar
  35. 28.
    H. More, An Antidote Against Atheisme, Or An Appeal to the Natural Faculties of the Minde of Man, Whether there be not a Go.(Londres: J. Flescher 1653; 2nd ed. 1655).Google Scholar
  36. 29.
    H. More, The Immortality of the Soul, So farre forth as it is demostrable from the Knowledge of Nature and the Light of Reaso.(Londres: J. Flesher, 1659).Google Scholar
  37. 30.
    Dans les scholi.rajoutés dans l’édition latine contenue dans Opera Omni.(Londres: J. Maycock etc., 1675–79, 3 vol.), v. III, il reprend la critique de l’athéisme moderne et le mécanisme cartésien.Google Scholar
  38. 31.
    Le sens de la conception des idées innées dans le champ philosophique et dans le cas du contraste politico-religieux avec le puritanisme avait déjà été saisi avec perspicacité par Sterling P. Lamprecht, “Innate ideas in the Cambridge Platonists”, Philosophical Revie.,35 (1926), pp. 553–72. Sur le rapport Boyle-More et sur les différentes conceptions philosophiques et scientifiques, cf. John Henry, “Henry More versus Robert Boyle: the spirit of nature and the nature of Providence”, Henry More (1614–1687) Tercentenary Studies, op. cit.pp. 55–76.CrossRefGoogle Scholar
  39. 32.
    E.T.Sur ces aspects et sur l’importante différence que More met à la base de son traité, entre le véritable enthousiasme chrétien et l’enthousiasme irrationnel démoniaque, cf. Robert Crocker, “Mysticism and enthusiasm in Henry More”, Henry More (1614–1687) Tercentenary Studies, op cit.,pp. 137–155.Google Scholar
  40. 33.
    Lettre de Limborch à More, 31 mars 1666, dans UBA: “Dans tes lettres, tu as exprimé ce même sentiment à notre très illustre Pœelenburg”.Google Scholar
  41. 34.
    Lettre de Limborch à More, 12 kal Oct. 1688 (20 septembre 1668), dans UBA.: “J’attends avec impatience la réponse du très illustre Gunning. Je regrette que cet homme si cultivé, que je révère humblement, n’approuve pas mon enseignement sur la liberté d’interprétation des Écritures, liberté que je considère cependant non seulement utile à une honnête recherche de la vérité, mais, d’une certaine façon, nécessaire. Là où l’on réduit la liberté de recherche de la vérité, là on oppresse la vérité. Au contraire, là où l’on permet une libre faculté de recherche de la vérité, celle-ci triomphe et est atteinte avec peu d’efforts.” Il s’était exprimé dans ce sens dans Admonitio ad lectorem christianu.,avant-propos de l’édition de Operum theologicoru.,pars altera (Gouda: J. van der Hoeve; Rotterdam: A. Leers, 1665) de Simon Episcopius édité avec Arnold Poelenburg. En outre, Limborch ajoute dans la même Adnoniti.,en exposant clairement les fondements rationnels et libertaires sur lesquels se base toute sa production ultérieure d’écrits théologiques: (v. Theologia Christiana ad praxin pietatis ac promotionem pacis Christianae unice direct.,(Amsterdam: H. Wetstein, 1686), polémiques et d’érudition (v. par ex. De veritate Religionis Christianae, amica collatio cum erudito judae.,(Gouda: J. van der Hoeve, 1687). “Nuda est, nuda amari debet: nec figendi oculi in doctores qui illam monstrant, sed in ipsam solam. Momenta rationum, non approbatorum dignitas, ponderanda sunt. Non enim necesse est, qui quodam in dogmate errat, in omnibus haereticum esse, [..] Atque haec est moderata illa prophetandi libertas, quam Remonstrantes urgent: ut fundamenta religionis immota conserventur: in reliquis moderata concedatur inquirendi ac dissentiendi libertas; et sicut apes ex quavis, etiam venenata herba, mel suave ac maxime salubre conficiunt, ita etiam ex quovis doctore veritas veritatisque munimenta conquirantur. Non ut sectis fenestram aperiant, quemadmodum quidam criminati sunt: sed ut sectas tollant”; trad.: “Elle est nue, et doit être aimée nue, sans regarder les yeux des docteurs qui la désignent, mais en ne fixant qu’elle. II faut considérer les éléments du raisonnement et non le rang de ceux qui l’affirment. I1 n’est pas nécessaire que celui qui se trompe dans une certaine opinion soit hérétique sur tous ses raisonnements, […] Et c’est cette liberté modérée de prophétiser que proposent les Remontrants: il faut que les fondements de la religion soient conservés immuables: dans les autres aspects, il faut permettre une liberté modérée de recherche et de dissension; et de la même façon que les abeilles produisent un miel doux et très salutaire à partir de n’importe quelle plante même vénéneuse, ainsi peut-on conquérir la vérité et les remparts de la vérité grâce à n’importe quel docteur. Non dans le but d’ouvrir les fenêtres aux sectes, accusées en un sens, mais dans le but de les éliminer”.Google Scholar
  42. 35.
    Cf. Lettre de More à Limborch, Pridie kal. Maii 1667 (30 avril 1667), dans UBA. La première partie de la lettre contient un vaste éloge de la figure et des oeuvres de Poelenburg, disparu depuis peu et que More admirait vraiment. Pendant plusieurs mois, le néo-platonicien garda la lettre en attendant de l’envoyer à Limborch avec les réponses de Gunning et de Cudworth mais aussi parce qu’il était occupé par la publication de Enchiridion Ethicu.(Londres: J. Flesher, 1667). Au moment de l’envoyer, il ajouta un long postscriptu.,daté 16 kal. Martii 1668 (14 février 1668) dans lequel, outre l’annonce de l’envoi de Enchiridion Ethicun.en guise de cadeau, il mettait au courant Limborch sur les doutes émis par Gunning à propos des idées qu’il avait exprimées dans le volume des oeuvres de son aïeul maternel, Episcopius.Google Scholar
  43. 36.
    En 1649, R. Kidder (1663–1703) fut admis au Collège Emmanuel de Cambridge où, en 1655 il devint fellow. Non conformiste dans un premier temps, il deviendra un homme d’église par la suite en tant qu’évêque de Barth et de Wells (1691–1703). Lui aussi fut en relations épistolaires avec Limborch.Google Scholar
  44. 37.
    Cf. Lettre de Limborch à Henry More, 12 kal. Oct. 1668 (20 septembre 1668), dans UBA.Google Scholar
  45. 38.
    Cf. H. D. Foster, “Liberal Calvinism: the Remonstrants at the Synod of Dort in 1618”, Harvard Theological Revie.,16, 1923, pp. 3–37; les deux volumes de A. W. Harrison (The Beginnings of Arninanism to the Synod of Dort, op. cit..et Arminianism, op. cit..,et le volume publié parCrossRefGoogle Scholar
  46. 38a.
    Derek Baker, Reform and Reformation: England and the continent, c.1500—c.175.,(Oxford, 1979) qui contient entre autres les essais de C. Grayson, “James I and the religious crisis in the United Provincies 1613–1619”, pp. 195–219 et de John Platt, “Eirenical anglicans at the Synod of Dort”, pp. 221–243.Google Scholar
  47. 39.
    Cf. la correspondance entre Thomas Pierce et Limborch, dans UBA, et en particulier les lettres du 17 mai 1686 et 3 juillet 1689. Il existe de nombreuses recherches sur le débat religieux en terre anglaise entre les années 1660 et 1689, des recherches de A. A. Seaton, The theory of toleration under the later Stuart.(Cambridge, 1911) et deGoogle Scholar
  48. 39a.
    Ch. F. Mullett, “Toleration and persecution in England, 1660–1689”, Church Histor.,XVIII, (1949) pp. 18–43; à la bibliographie plus récente et déjà citée, nous devons ajouter:\CrossRefGoogle Scholar
  49. 39b.
    James D. Roberts, From Puritanism to Platonism in Seventeenth Century Englan.(The Hague: M. Nijhoff, 1968); G. A. J. Rogers, “Locke and the latitude-men: ignorance as a ground of toleration”, dans R. Kroll, R. Ashcraft et P. Zagorin, Philosophy, Science, and Religion in England 1640–1700, op.cit.,pp. 230–252;CrossRefGoogle Scholar
  50. 39c.
    J. Spurr, “The Church of England, Comprehension and the Toleration Act of 1689”, English Historical Revie.,104 (1989), pp. 927–46; les nombreux essais de Mark Goldie, en particulier, “The theory of religious intolerance in Restoration England”, dans From Persecution to toleration. The Glorious Revolution and Religion in Englan.,publié par O. P. Grell, J. I. Israel et N. Tyacke (Oxford: Clarendon Press, 1991).CrossRefGoogle Scholar
  51. 40.
    Lettre de Cudworth à Limborch, 10 février V.S. 1668 (20 février 1668), dans UBA: “J’ai l’assurance que dans un petit nombre d’années, la force de la vérité aura tellement prévalu en notre Angleterre qu’elle aura soumis un grand nombre de ses plus féroces ennemis et qu’elle les aura amenés prisonniers dans ses camps”.Google Scholar
  52. 41.
    En effet, il écrit: “Quod meipsum attinet, fateor me aliena dogmata fere cum materno lacte suxisse, iisque in primoribus adolescentiae annis penitus imbutum fuisse; nihilominus vicit vis veritatis, et omnia praeiudiciorum repagula perrupit”; trad.: “En ce qui me concerne personnellement, j’avoue que j’ai été, pour ainsi dire, nourri de faux dogmes avec le lait maternel, et j’ai été profondément imbu de cela dans les toutes premières années de l’adolescence; néanmoins, la force de la vérité a gagné et a détruit toutes les barrières des préjugés”. Ibid. Google Scholar
  53. 42.
    Cf. A Sermon preached before the House of the Commons, March 31, 164.,(Cambridge, 1647, dans l’édition Liverpool: Hodgson; London: Fry, 1831). En ce qui concerne ce sermon, cf. Mario Micheletti, Ilpensiero religioso di John Smith platonico di Cambridg., (Padova: Editrice “La Garangola”, 1976), en particulier le chap.II., p. 148 et suivantes; et surtout l’essai de G. A. J. Rogers, “The other-worldly philosophers and the real world: the Cambridge Platonists, theology and politics”, présenté dans ce volume. chanitre 1.Google Scholar
  54. 43.
    A Sermon preached before the House of the Commons, March 31, 1647, op. cit., p. 51.Google Scholar
  55. 44.
    Ibid., p. 15.Google Scholar
  56. 45.
    Cf. G. A. J. Rogers, “The other-worldly philosophers and the real world: the Cambridge Platonists, theology and politics”, art. cit. Google Scholar
  57. 46.
    A Sermon preached before the House of the Commons, March 31, 1647, op. cit., p. 12.Google Scholar
  58. 47.
    Cudworth à Limborch, 10 février V.S. 1668 (20 février 1668), dans UBA: “Sed cum Res Ethicas attentius considerarem, et evidenter perciperem Boni et Mali Moralis Naturae esse prorsus Jmmutabiles, nec revera ab ipsius Dei arbitrio pendere, (cum hoc Discrimen Honestorum et Turpium potius ab Jmmutabili Natura Dei derivandum sit) non poteram Deo ascribere horrenda ista Decreta, quibus ex mero Beneplacito, homines insontes vel ad aeternos cruciatus, vel ad Culpas et Peccata aeternis cruciatibus luenda, inevitabiliter damnaret”; trad.: “Mais aussi, quand je considérai plus attentivement les questions d’éthique, et que je m’aperçus clairement que la nature du Bien moral et celle du Mal moral sont surtout immuables, et qu’elles ne dépendent pas en vérité de la volonté de Dieu même (puisque cette distinction des choses justes et injustes dérive plutôt de la nature immuable même de Dieu), je ne pus attribuer à Dieu cet horrible principe selon lequel, pour son seul plaisir il condamnerait sans possibilité de salut les hommes innocents soit à un tourment éternel, soit à l’expiation des fautes et des péchés par des tourments éternels”.Google Scholar
  59. 48.
    Cf. ibid. Cf. également ce qu’a écrit J. G. Chauffepié, Nouveau Dictionnaire historique et critique, pour servir de supplement ou de continuation au Dictionnaire historique et critique de Mr. Pierre Bayl. (Amsterdam-La Haye: Chatelain etc., 4 vol.), v. III, 1750–56, s.v. Cudwort., note .: “I1 prit le degré de Bachelier en Théologie, vraisemblablement en l’année 1644. On trouve qu’il soutint alors, dans les Vespérie. des Actes publics, qui se font pour prendre les Degrés, les deux Thèses suivantes: ‘Qu’il y a des Raisons éternelles du Bien et du Mal.’ Et ‘Qu’il y a des Substances incorporelles, immortelles de leur nature’ D’où il paroit, que des-lors Cudworth rouloit dans son esprit, et examinoit avec soin, les matieres et les questions importantes, qu’il a tant approfondies longtemps après dans son Système Intellectue., et dans d’autres Ouvrages qui sont encore en manuscrit”. Th. Birch, An account of the life and Writings of R. Cudwort., (1743), dans T.I.S. U. I, p. 10, répète la même pensée. Les deux thèses furent publiées à Cambridge le 30 Juin 1651 et par la suite, elle furent apposées en appendice au livre de Cudworth, A Treatise of Freewil., publié pour la première fois par J. Allen à Londres en 1838.Google Scholar
  60. 49.
    Cudworth écrivait: “Quapropter, cum nuper integrum Systema Ethicum meditarer, animus mihi erat in eo copiose de Bono et Malo, Justo et Injusto fusei disputare; verum cum postea intelligerem Amicum meum et Collegam Doctorem More eodem tempore editurum Tractatum Ethicum, ne simul in eandem arenam, quasi de Gloria certaturi, descendere videremur, ab Incoepto destiti”; trad.: “Pour cela, quand récemment je réfléchissais à un système éthique complet, j’avais l’intention d’y traiter abondamment du Bien et du Mal, du Juste et de l’Injuste selon la nature; mais quand plus tard, j’ai su que mon ami et collègue le docteur Henry More préparait en même temps un traité d’éthique, j’ai renoncé à l’entreprise, afin que nous ne paraissions pas descendre ensemble dans la même arène comme pour nous disputer la gloire”. Lettre à Limborch, 10 février V.S. 1668 (20 février 1668), dans UBA. Cf. dans Th. Birch, An account of the Life and Writings of R. Cudworth. op. cit., pp. 15–17, la correspondance relative au différent entre Cudworth, More et leur ami commun, Worthington.Google Scholar
  61. 50.
    Si J. Allen, l’éditeur qui publia (Londres: J. W. Parker, 1838) le livre de Cudworth A Treatise on Freewil., souligne une telle relation; cependant, les biographes Birch, Chauffepié et surtout J. A. Passmore, dans son oeuvre encore très utile: Ralph Cudworth. An Interpretatio. (Cambridge: Cambridge University Press, 1951) — voir Appendix — ont mis en évidence la difficulté de déterminer la composition et la chronologie des manuscrits inédits du néo-platonicien. Cf. aussi Samuel I. Mintz, The Hunting of Leviatha. (Cambridge: At the University Press, 1969), voir p. 126 et suivantes. Toutefois, il est probable que Treatise on Freewil. ait été une partie ou un résumé de l’ouvrage plus vaste Discourseof Liberty and Necessity. tout comme T.E.I.M. devait appartenir au manuscrit plus important et plus ambitieux Discourse on Moral Good and Evi. comme le confirme Cudworth dans sa lettre à Limborch.Google Scholar
  62. 51.
    “Ce traité aurait dû s’intituler à juste titre ‘Traité des sensations et des idées’; on a donc cru bon de le placer avant le Système Intellectue., parce qu’il pose les fondements des principes idéologiques de l’auteur.” Sistema intellettuale dell’universo di Radolfo Cudwort compendiato e tradotto or per la prima volta in lingua italiana dal marchese Luigi Benedett., (Pavie: P. Bizzoni, 1823–4), 5 v., I.v., p. 81.Google Scholar
  63. 52.
    T.E.I.M., pp. 8–9.Google Scholar
  64. 53.
    Cf. British Museum, Add. Ms. 4983, 85. Cf. aussi Passmore, Ralph Cudworth. An Interpretation, op. cit., chap. VI.Google Scholar
  65. 54.
    Sur la critique de Cudworth contre la gnoséologie et le mécanisme cartésiens, voir G. A. J. Rogers, “Descartes and the English”, in The Light of Natur., par J. D. North et G. A. J. Rogers, (Dordrecht: M. Nijhoff, 1985), pp. 281–302; ainsi que le volume de Passmore déjà cité, etCrossRefGoogle Scholar
  66. 54a.
    Arrigo Pacchi, Cartesio in Inghilterr., (Bari: Laterza, 1973), partic. cap. IV.Google Scholar
  67. 55.
    T.E.I.M., pp. 33–34.Google Scholar
  68. 56.
    Ibid., p. 76.Google Scholar
  69. 57.
    Ibid., cf. par ex. p. 80–82 et ibid., pp. 134–136, mais il s’agit de la réponse de Cudworth à travers l’oeuvre entière. Sur le sens logique et métaphysique de l’innéisme chez les néo-platoniciens, cf. S. P. Lamprecht, “Innate ideas in the Cambridge Platonists”, art cit. et R. L. Amstrong, “The Cambridge Platonists and Locke on Innate Ideas”, Journal of the History of Idea., 30 (1969), pp. 187–202.CrossRefGoogle Scholar
  70. 58.
    Cudworth écrit: “Wherefore since there are so many, both Philosophers and Theologers, that seemingly and verbally acknowledge such things as Moral Good and Evil, Just and Unjust, that contend notwithstanding that these are not by Nature but Institution and that there is nothing Naturally or Immutably Just or Unjust…” T.E.I.M., pp. 12–13.Google Scholar
  71. 59.
    “Wherefore since the thing willed in all Laws is not that men should be Bound or Obliged to Obey; this thing cannot be the product of the mere Will of the Commander, but it must proceed from something else; namely, the Right or Authority of the Commander, which is founded in natural Justice and Equity, and an antecedent Obligation to Obedience in the Subjects; which things are not Made by Laws, but pre-supposed before all Laws to make them valid: And if it should be imagined, that any one should make a positive Law to require that others should be Obliged, or Bound to Obey him, every one would think such a Law ridiculous and absurd; for it they were Obliged before, then this Law would be in vain, and to no Purpose; and if they were not before Obliged then they could not be Obliged by any positive Law, because they were not previously Bound to Obey a Person’s Commands: So that Obligation to Obey all Positive Laws is Older than all Laws, and Previous or Antecedent to them. Neither is it a thing that is arbitrarily Made by Will, or can be the Object of Command, but that which either Is or Is not by Nature”. Ibid., pp. 19–20.Google Scholar
  72. 60.
    Ibid., p. 20.Google Scholar
  73. 61.
    Ibid., pp. 22–23.Google Scholar
  74. 62.
    Cf. J.-L. Vieillard-Baron, Platonisme et interprétation de Platon à l’époque modern. (Paris: J. Vrin, 1988), voir chap. II.Google Scholar
  75. 63.
    T.F., op. cit., pp. 84–85.Google Scholar
  76. 64.
    Cf. M. Micheletti, Il pensiero religioso di John Smith platonico di Cambridge, op. cit., p. 160 et suivantes.Google Scholar
  77. 65.
    Limborch à Cudworth, 12 kal Octob 1668, (20 septembre 1668), dans UBA.Google Scholar
  78. 66.
    Limborch à Cudworth, Pridie kal April 1669, (31 mars 1669), dans UBA. Il s’agit probablement de l’oeuvre de Limborch contre Sceperus: Korte Wederlegginge van ‘t boexken onlangs uytgegeven by lacobus Sceperus genaemt Chrysopolerotu. (Amsterdam: J. Rieuwertsz, 1661). Cf. aussi Theologia Christiana, op. cit., derniers chapitres.Google Scholar
  79. 67.
    Limborch à Cudworth, 31 décembre 1674, dans UBA.: “Cette liberté de prophétiser et cette tolérance qu’enseignent les Remontrants dans tous leurs écrits”. Comme chez les remontrants et Locke, les catholiques sont exclus de la tolérance. Cf. ide., 8 mai 1680, dans UBA.Google Scholar
  80. 68.
    Cudworth à Limborch, 16 mars S.V. 1674, (26 mars 1674), dans UBA: “C’est ainsi que dans notre Eglise Anglicane, comme dans l’Arche de Noé, cohabitent toutes sortes d’animaux (s’il m’est permis de m’exprimer ainsi) protestants, Calvinistes, Remontrants, et je crois même Sociniens, qui respirent sans aucune discorde apparente dans une seule et même communion extérieure”.Google Scholar
  81. 69.
    Limborch à Cudworth, 8 mai 1680, dans UBA.Google Scholar
  82. 70.
    Cf. Limborch à Cudworth, kal April 1687, (ler avril 1687), ibid..Limborch, à plusieurs reprises au cours de sa relation épistolaire, tient ses correspondants au courant de ses réflexions sur l’écriture de Theologia Christiana, op. cit.Cf. en outre, More à Limborch, 4 kal Jul, (28 juin 1669), dans UBA; et la lettre de Limborch à Le Clerc, 23 janvier 1683, éditée dans L. Simonutti, Arminianesimo e tolleranza nel Seicento olandese. Il carteggio Ph. van Limborch-J.Le Cler.,(Florence: L. S. Olschki, 1984), p. 81 et suivantes.Google Scholar
  83. 71.
    Cf. la lettre de Cudworth, 10 juillet 1687, dans UBA, dans laquelle le néo-platonicien exprime son approbation pour cette uvre et sa curiosité pour De veritate Religionis Christianae, anica collatio çum erudito judaeo, op. cit.,que Limborch terminait. Cf. l’avis de More dans la lettre du 4 kal Jul 1669, (28 juin 1669), ibid. Google Scholar
  84. 72.
    Le31 mars 1669, Pridie kal. April 1669, ibid.,Limborch écrivait à More: “Tu pro candore tuo facile dijudicare potes, non me vagam quidvis convellendi licentiam introducere, sed ingenuam illam asserere libertatem, quae veritatis indagationi maxime accommoda est. Rectam hic ac mediam tenere viam inter tyrannidem dominantem ac licentiam effraenem, arduae esse operare fateor: Sed prudentia ed charitas Christiana modum hic facile invenient. Charitatis est, non movere ea, quae sine fructu sciuntur”. I1 ajoute plus loin: “Quare, ut impietati illi frenum injiciatur, omni ope allaborandum censeo, ut viri et eruditione et autoritate pollentes, de tyrannide in conscientias tollenda, vera prophetandi libertate asserenda, ac pace inter dissectos christianorum caetus resarcienda consilia agitent: hac ratione argumentum maxime plausibile ipsis extorquebitur, et concordibus animis impietas illa expugnari poterit”; — trad.: “Dans ta bonne foi, tu peux facilement juger que je n’introduis pas une licence quelconque de détruire, mais que j’affirme cette noble liberté qui est la plus convenable à la recherche de la vérité. J’avoue qu’il est difficile ici de garder la juste voie médiane entre la tyrannie oppressive et la licence effreinée. Mais la prudence et la charité chrétienne trouveront aisément la voie. La charité ne remue pas les choses qui ne gagnent pas à être connues”. et “C’est pourquoi, afin de mettre un frein à l’impiété, je crois qu’il faut utiliser tous ses efforts pour que les hommes capables d’érudition et d’autorité se consultent afin d’éliminer la tyrannie des consciences, afin d’affirmer la liberté de prophétiser et afin de restaurer la paix entre les communautés séparées des chrétiens; de cette manière, surgira d’eux l’argumentation la plus convaincante et cette impiété sera éliminée par la concorde des âmes”.Google Scholar
  85. 73.
    J. G. de Chauffepié, Nouveau Dictionnaire historique et critique, op. cit., (s.v. More.rapporte ses doutes sur le calvinisme rigoureux et les positions contre la prédestination qu’il avait exprimés dès l’époque de l’école d’Eton. Cf. H. More, M.G..cité ici dans la traduction latine donnée dans H. Mori Cantabrigiensis, Opera Onni.,(Londres: J. Maycock for J. Martyn & W. Kettilby, 1675–79), 3 vol., (reprint, Hildesheim: G; Olms, 1966), v. 1, Livre X, Chap. V et suivants.Google Scholar
  86. 74.
    Ibid., v..,Livre.X, chap. XI, p. 425: “Manifestum igitur est Libertatem Religionis commune esse ac naturale jus omnium Nationum ac Personarum, hoc est, potestatem habent quatenus sunt homines ac ratione praediti, creduntque Deum esse vitamque futuram, sincereque, juxta eam fidem vitam instituunt, examinandi quae acceptissima via sit Deo serviendi in proprium suum commodurn in altera vita, nec ita religantur ad earn Religionem quae ipsis primum proposita est,...”; trad.: “I1 est donc manifeste que la liberté de religion est le droit commun et le droit naturel de toutes les nations et de toutes les personnes; c’est-à-dire que tous ceux qui sont des hommes, qui sont dotés de raison, qui croient en l’existence de Dieu et en la vie future, qui sincèrement mènent leur vie selon cette même foi, ont le pouvoir d’examiner quelle est la voie la plus juste de servir Dieu pour leur plus grand profit dans l’autre vie et ne sont pas reliés à la religion qui leur a été proposée d’abord,…”. Cf. aussi, ibid.,., Livre X, chap. X et XI.Google Scholar
  87. 75.
    Cf. R. L. Colie, Light and Enlightenment. A Study of the Cambridge Platonists and the Dutch Arminian.,(Cambridge: Cambridge University Press), 1957, chap. III.Google Scholar
  88. 76.
    H. More, Opera Omnia, op. cit.,p. 430: “§5. Atque equidem dum immanitatern malosque effectus hoc genu. Enthusiasmi considero, non possum quin sentiam Christiani Magistratus vigilantiarn ad hoc etiarn inter alia extendi oportere, nempe ad supprimendas subjugandasque Sectas omnes ac Religionesquae a tam Fanatic.capite derivantur, hoc est, quae contra fidem Christianam se credere profitentur ab illuminatione ejusmodi Spiritus quo de nullam rationem reddere queant…”; trad.: “Et sans doute, quand je considère ce genre d’enthousiasme, sa barbarie, ses mauvais effets, je ne peux manquer d’être convaincu qu’il faille étendre jusqu’à lui notamment la vigilance du magistrat chrétien, pour supprimer et subjuguer, bien sûr, toutes les sectes et religions qui sont dévoyées par un principe si fanatique, c’est-à-dire ces sectes qui déclarent contre la foi chrétienne qu’ils croient grâce àune illumination provenant directement d’un Esprit tel qu’ils n’ont aucun compte à lui rendre…”.Google Scholar
  89. 77.
    Ibid.p. 431: “… de l’histoire, des langues et des sciences, et à travers l’usage diligent de la raison (ce merveilleux don fait par Dieu immortel au genre humain) qui vous rendra, un jour, juges honnêtes et bien préparés à ce sujet”.Google Scholar
  90. 78”liberté de chercher la vérité”.Google Scholar
  91. 79.
    Limborch à More, 12 kal Octobr 1668, (20 septembre 1668), dans UBA.Google Scholar
  92. 80.
    Limborch à More, pridie kal Apr. 1669, (31 mars 1669) et ses lettres suivantes. Ibid.Cf. aussi l’édition du Discours de la Méthod.,publié à la moitié du XVII° siècle par Etienne de Courcelles.Google Scholar
  93. 81.
    Cf. More à Limborch, 4 kal Jul 1669, (28 juin 1669) et les lettres suivantes des deux théologiens,. ibid.Là aussi, ce sont surtout les lettres de Limborch qui sont conservées.Google Scholar
  94. 82.
    Cf. la lettre de More: 4 kal Jul 1669, (28 juin 1669) et 26 mars 1675, et les lettres de Limborch: 20/10 août 1669 et 30 décembre 1674, ibid. Google Scholar
  95. 83.
    Cf. L. Simonutti, “Reason and Toleration: Henry More and Philip van Limborch”, Henry More (1614–1687), Tercentenary Studies, op. cit.,pp. 201–218.Google Scholar
  96. 84.
    Cf. Catalogue des Handschriften, dans UBA; le catalogue publié peut être toujours largement utilisé, (Amsterdam: Stadsdrukkerij, 1911). Une grande partie des lettres de Limborch à ses correspondants anglais sont contenues dans le recueil de lettres intitulé Epistolae ad Anglos. Google Scholar
  97. 85.
    Henry Jenkes († 1697), est admis en 1646 au Collège Emmanuel de Cambridge; il ira ensuite àLondres et retournera à Cambridge. I1 fit partie de la Royal Society. Il édita l’oeuvre d’Etienne de Courcelles, Synopsys ethice.qui parut à Londres en 1684 et qui eut une édition posthume en 1702.Google Scholar
  98. 86.
    H. Jenkes, The Christian Tuto.,(Londres: H. Faithorne and J. Kersey, 1683), pp. 8–9.Google Scholar
  99. 87.
    Ibid.,p. 46 et suivantes.Google Scholar
  100. 88.
    Ibid.,pp. 20–21.Google Scholar
  101. 89.
    Jenkes dit de ces livres: “Divine and most excellent Books to inform you in all the great things of Christian Religion, or the grand Mystery of Godliness; and how some people have apostatized from it, by advancing the grand Mystery of Iniquity”. Ibid.,p. 24.Google Scholar
  102. 90.
    Jenkes dit de l’oeuvre de Cudworth: “A book of great and invincible reason; there wants nothing to recommend it further, but his Moral Universe.” Ibid.,p. 34.Google Scholar

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© Springer Science+Business Media Dordrecht 1997

Authors and Affiliations

  • Luisa Simonutti

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