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Les Différentes Lectures du System de Cudworth par G. W. Leibniz

  • André Robinet
Chapter
Part of the International Archives of the History of Ideas / Archives Internationales d’Histoire des Idées book series (ARCH, volume 150)

Résumé

Il me semble assuré que la “réception” la plus accomplie qu’ aient jamais eue “les Platoniciens de Cambridge” se rencontre dans le concept de “monde leibnizien”, et notamment dans l’ investissement accompli par Leibniz autour du terme et du concept de “monade”. L’abondance des impacts dans l’œuvre de Leibniz serait telle qu’il y faudrait un livre pour la mettre en place. Pour qu’on en juge en conséquence, je centrerai cette note sur les seuls marginalia de l’ouvrage de Cudworth, The true Intellectual System, édition R. Royston de 1678 (Landes/bibl., Hannover, Leibniz Marg. 137). Non sans souligner que la même méthode serait à appliquer à More, à Ann Conway, à Catherine Trotter-Cockburn, à Ε. Stillingfleet et à J. Norris1 ainsi qu’ à bien d’ autres membres de l’ école platonicienne de Cambridge, prise au sens strict ou au sens large. J’ assortirai cette observation d’une caractéristique qui la rend aussitôt relative à l’ensemble des autres “réceptions” que Leibniz a organisées autour d’une multitude d’ autres œuvres. Mais il y a, avec l’ Ecole de Cambridge, une triple complicité: sur la mise en valeur du platonisme dans un contexte où les scolastiques aristotéliciennes ou modernes sont devenues pesantes sur les termes mêmes de “monas-monade” qui connaissent un traitement exceptionnel dans les œuvres de Cambridge et dans celle de Leibniz sur les affinités circonstancielles avec la fille de Cudworth, Lady Masham, dans la lutte contre Descartes Hobbes, Spinoza et Locke.

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Notes

  1. 1.
    La bibliographie leibnizienne concernant ces auteurs comporte un certain nombre d’études. Nous en détachons celle qu’ Anne Becco avait accomplie en mettant en évidence les impacts de “monade” dans l’oeuvre de More, consultée largement par Leibniz. Il n’y a pas de Marginalia des publications de More au sens strict, mais de nombreuses notes de lecture en partie publiées dans les éditions de Leibniz. Voir la Leibniz-Bibliographie de A. Heinekamp et les Index des Studia leibnitiana qui publient chaque année un relevé complet des publications leibniziennes.Google Scholar
  2. 2.
    Nous avons précisé à plusieurs reprises que l’originalité de la quatrième édition de l’Essay consistait dans les nouveaux apports du Livre IV, où le statut de l’idée retrouve “un assentiment à la lumière irrésistible d’une évidence immédiate”; cf. notre ouvrage sur Le langage à l’âge classique, (Paris: Klincksieck, 1978), pp. 182–187.Google Scholar
  3. 3.
    Cette correspondance est accessible dans Gerhardt, Phil. Schrift. (GP), III.Google Scholar
  4. 4.
    A. Robinet, G. W. Leibniz, Iter Italicum (mars 1689-mars 1690). La dynamique de la Républίque des Lettres, (Florence: Olschki, 1988); sur Auzout, 4.4.5, pp. 139–146.Google Scholar
  5. 5.
    “Ainsi, très récemment (+Hobbes+) [soutint que] le droit vient de Dieu par sa seule puissance irrésistible, et l’obligation de lui obéir incombe aux hommes du fait de leur faiblesse”.Google Scholar
  6. 6.
    “Pour Hobbes, le bien est aimé par soi et le juste par accident. (+il ne comprend pas que l’homme juste se plaît aux actions droites+)”.Google Scholar
  7. 7.
    “Platon présente adroitement la pensée de Hobbes dans la République, livre lI, 358–359: ‘Certains affirment que commettre l’injustice est un bien, mais que la subir est un mal. Et parce qu’il y a plus de mal à la subir que de bien à la commettre, ils en sont venus à un pacte, afin que personne ne la commette ni la subisse, mais qu’elle soit observée par des hommes égaux; ainsi, celui qui serait assez puissant ou assez secret ne pourrait faire ce qui lui plaît.’ Tel est bien l’esprit de Hobbes. Mais on ne voit pas pourquoi on est obligé à un contrat si la justice n’a aucune force, si la nature n’ordonne pas d’obéir aux contrats. Mais si elle l’ordonne, pourquoi n’ordonnerait-elle pas aussi que de rien, rien ne peut surgir? S’il n’y a pas de justice naturelle, il n’y en a pas non plus d’artificielle.”Google Scholar
  8. 8.
    “Selon le pythagoricien Ecphante, les monades de Pythagore ne sont rien d’autre que des atomes, car Stobée parle ainsi de lui: ‘C’est lui qui le premier a montré que les monades de Pythagore paraissaient corporelles’. Et Aristote disait d’elles: ‘Ils ont estimé que les monades ont une grandeur’. Et Gassendi a relevé chez l’épigrammatiste grec que les atomes d’Epicure sont appelés aussi monades”.Google Scholar
  9. 9.
    Il est arrivé que les anciens ont pris les atomes pour les monades de Pythagore, et Ecphante le pythagoricien a dit que les monades des Pythagoriciens avaient été des atomes corporels. Car Stobée dit de lui: ‘Cest lui qui le premier a montré que les monades de Pythagore paraissaient corporelles’. Et Aristote dit lui-même des pythagoriciens: ‘Ils ont estimé que les monades ont une grandeur’. Et ailleurs: ‘Cela ne change rien de parler de monades ou de petits corpuscules’. Et un épigrammatiste grec, [le dit] des atomes d’Epicure: ‘...Laisse Epicure chercher en vain où est le vide et ce que sont les monades’ Texte original de Cudworth: T.I.S. U., chap. 1, XII, p. 13: “But that which is of more Moment yet; we have the Authority of Ecphantus a famous Pythagorean for this, that Pythagoras his Monads, so much talked of, were nothing else but Corporeal Atoms. Thus we find it in Stobœus, τὰς πυθαγορικὰς μονάδας ου͑τος πρῶτος άπϵφήνατο σωματικὰς, Ecphantus (who himself asserted the Doctrine of Atoms) first declared that the Pythagoricck Monads were Corporeral, i.e. Atoms. And this is further confirmed from what Aristotle himself writes of these Pythagoreans and their Monads, τὰς μονάδας υ͑πολαμβάνουσιν έχϵιν μϵ́γϵθον. They suppose their Monads to have Magnitude: And from that he elsewhere makes Monads and Atoms to signifie the same thing, ὀυδϵ́ν διαφϵ́ρϵι μονάδας λϵ́γϵιν ᾔ σωμάτια σμικρὰ. Its all one to say Monades or small Corpuscula. And Gassendus hath observed out of the Greek Epigrammatist, that Epicurus his Atoms were sometimes called Monades too; μάτην Επίκουρον ϵ̓άσον Ποῦ τὸ κϵνὸν ζητϵῖν καί τίνϵς αι Μονάδϵς.Google Scholar
  10. 10.
    A. Robinet, Architectonique disjonctive, automates systémiques et idéalité transcendantale dans l’oeuvre de G. W. Leibniz, Paris, Vrin, 1986; voir le sens précis de “monade” en 2.3. L’automate systémique (MO), L’investissement de “monade “ (1696), pp. 72–82.Google Scholar
  11. 11.
    “Proclus, dans les Institutions Théologiques, n. 21: A partir du premier Un, il y a plusieurs unités; du premier Esprit, plusieurs Esprits; de la première Ame, plusieurs âmes. L’Un, l’ Esprit, l’ Ame, sont principes. Ils correspondent au Père, au Logos, à l’Esprit, mais s’expliquent mieux par la puissance, la connaissance, la volonté ou amour (Add. Simplicius, sur l’Enchiridion d’Epictète, page 9) (+ Mais en fait, les esprits, les âmes sont des monades. La limite authentique n’est pas composée de substances, mais de principes, comme la monade créée à partir de l’actif et du passif. Mais l’actif même [vient] des trois [principes] correspondant à la Trinité, car en Dieu il n’y a rien de passif. Dans l’actif, la puissance, la règle selon laquelle on agit, l’affection du Bien, le Bien et l’Un anciens se conjuguent. Ce n’est pas mal, mais cela ne concerne que les monades complexes+)”.Google Scholar
  12. 11.
    La bibliographie leibnizienne concernant ces auteurs comporte un certain nombre d’études. Nous en détachons celle qu’ Anne Becco avait accomplie en mettant en évidence les impacts de “monade” dans l’oeuvre de More, consultée largement par Leibniz. Il n’y a pas de Marginalia des publications de More au sens strict, mais de nombreuses notes de lecture en partie publiées dans les éditions de Leibniz. Voir la Leibniz-Bibliographie de A. Heinekamp et les Index des Studia leibnitiana qui publient chaque année un relevé complet des publications leibniziennes.Google Scholar

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© Springer Science+Business Media Dordrecht 1997

Authors and Affiliations

  • André Robinet

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