Advertisement

Pierre Bayle pp 69-102 | Cite as

Les Causes de L’Erreur: Les Préventions et les Passions

  • Elisabeth Labrousse
Part of the Archives Internationales D’Histoire des Idees / International Archives of the History of Ideas book series (ARCH, volume 6)

Résumé

La méthode cartésienne exige que nous fondions nos jugements sur le caractère intrinsèque de l’objet — idée et, selon l’extension que lui apporte Bayle, document — sans qu’intervienne aucun mobile venu d’ailleurs, sans que les détermine aucune autorité explicite ou déguisée. Elle suppose par conséquent un discernement précis entre savoir objectif — non seulement évidence ou document, mais souvenir d’évidence ou référence, contrôlée, à d’autres documents — et mémoire personnelle; on peut donc la résumer en disant qu’elle nous demande de baillonner l’enfant en nous, c’est-à-dire, de faire rigoureusement abstraction de toutes les notions reçues ou apprises, pour ne retenir que ce que nous avons compris, accueilli d’une manière réfléchie après examen. Mais la nécessité de faire taire l’enfant en nous,1 si nous prétendons accéder à la vérité, ne vise pas seulement à nous désencombrer l’esprit. Elle revêt un sens plus profond, car notre passé personnel pèse sur nous moins encore par sa présence, en tant que souvenir, que par le dynamisme des habitudes qu’il a montées en nous. Descartes condense parfois l’essentiel de la méthode dans le précepte d’«abducere mentem a sensibus»; 2 une telle formule n’exclut cependant pas que le péril procède de notre passé: en effet, l’enfant que j’ai été est agissant jusque dans ma sensation présente, par l’habitude qu’il m’a laissée de me fier au témoignage de mes sens.

Preview

Unable to display preview. Download preview PDF.

Unable to display preview. Download preview PDF.

Copyright information

© Martinus Nijhoff, The Hague, Netherlands 1964

Authors and Affiliations

  • Elisabeth Labrousse

There are no affiliations available

Personalised recommendations