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Pierre Bayle pp 201-234 | Cite as

Rotterdam; l’Avis important aux Réfugiez 1685–1693

  • Elisabeth Labrousse
Part of the Archives Internationales d’Histoire des Idees/International Archives of the History of Ideas book series (ARCH, volume 1)

Résumé

L’exode des calvinistes français à l’époque de la Révocation ne répondait guère à des motifs analogues à ceux qui, un demi-siècle plus tôt, avaient poussé les dissidents anglais à s’embarquer pour l’Amérique; c’est plutôt à ces Whigs que l’avènement de Jacques II obligea à traverser la Manche 1 que sont comparables les Réfugiés: ils quittaient la France afin d’échapper aux pires conséquences d’un revers de leur parti dont ils escomptaient, qu’à la manière de ceux qu’il avait connus au siècle précédent, il serait suivi de lendemains meilleurs qui permettraient leur retour sur le sol natal. Les événements ne tardèrent pas à donner raison aux espérances des Whigs, tandis qu’on serait enclin à souligner l’esprit chimérique des Français. Cependant, s’il est facile pour l’historien de dénoncer les puissances d’illusion qu’il fallait pour espérer que Louis XIV se donnât un démenti à lui-même, la situation n’était évidemment pas aussi claire pour les contemporains. Leur intense sentiment monarchique et l’indigence de leur information encourageaient chez les protestants une distinction fallacieuse entre le roi, père de ses sujets, et les conseillers perfides qui, en trompant leur prince par des rapports mensongers, lui auraient arraché un Edit de Révocation qu’il ne manquerait pas d’abolir le jour inévitable où la vérité parviendrait jusqu’à lui; au surplus, il n’était pas dit que le successeur de Louis XIV poursuivrait la même politique religieuse 2

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References

  1. 18.
    Cf. Pierre Mesnard, L’essor de la philosophie politique au XVIe siècle, Paris, Boivin, 1936, in-8°, p. 309–389; G. H. Dodge, The political theory of the huguenots of the dispersion, voith spécial reference to the thought and influence of Pierre Jurieu, New-York, Columbia University Press, 1947, in-8°, ix–287 pp. et aussi, bien que son information soit à la fois plus sommaire et moins sûre, W. J. Stankiewicz, Politics and religion in seventeenth-century France, a study of the political ideas from the Monarchomachs to Bayle, Berkeley, University of California Press, i960, in-8°, x–269 pp.Google Scholar
  2. 55.
    C’est ainsi que Bayle connut le beau-père de son frère Jacob, le vieux ministre de Montauban, Isaac Brassard (qui s’était réfugié en Hollande avec ses quatre fils: cf. H. de France, Les Montalbanais et le Refuge, Montauban, 1887, in-8°, p. 123–132) et qu’il se lia avec un autre ministre de Montauban, Pierre Isarn (cf. supra 6, p. 153 et note 85); ces deux hommes s’établirent à Amsterdam mais Bayle resta dorénavant en rapports avec eux, par lettres et aussi par des rencontres, les distances en Hollande étant telles que même en habitant des villes différentes, on ne manquait pas de se voir de temps à autre.Google Scholar
  3. 98.
    Dès la parution du livre dans lequel Jurieu le dénonçait à la vindicte publique, Bayle alla se présenter au grand bailli de Rotterdam et lui déclara: «si mon Accusateur veut entrer en prison avec moi et subir la peine qui lui sera due si je ne suis pas coupable, je suis tout prêt à y entrer» (Cabale chimérique, OD 2 II, p. 631a); cette démarche avait sûrement étéinspirée à Bayle par le souvenir des anciennes lob de Genève en vertu desquelles, par exempie, le secrétaire de Calvin, Nicolas de la Fontaine, avait dû entrer en prison en même temps que Michel Servet, qu’il accusait (cf. Roland H. Bainton, Hunted Heretic, the Life and Death of Michael Servetus, 1511–1553, Boston, Beacon Press, 1960, p. 168 et p. 182–3).Google Scholar

Copyright information

© Martinus Nijhoff Publishers, Dordrecht 1985

Authors and Affiliations

  • Elisabeth Labrousse

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