Advertisement

Pierre Bayle pp 94-130 | Cite as

Genève, Rouen, Paris; le Précepteur 1670–1675

  • Elisabeth Labrousse
Part of the Archives Internationales d’Histoire des Idees/International Archives of the History of Ideas book series (ARCH, volume 1)

Résumé

Bayle s’en allant vers Genève partait vers un avenir incertain, sinon menaçant; le 2 novembre 1670, écrivant à son frère, il confesse: «je serois plusieurs fois abbatu de crainte et absorbé par la sollicitude de l’avenir, si je ne me souvenois que j’ay en votre personne pour ainsi dire un intercesseur, qui me rendra par la ferveur de ses prières le Ciel propice et m’impétrera ce qui me sera nécessaire pour passer tranquillement le cours de cette caduque et périssable mortalité, jusques à ce que notre grand Maître nous fasse passer dans le séjour de l’immortelle béatitude». Un peu plus loin, et plus prosaïquement, Bayle explique: «la dépense faitte en chemin et le prix du cheval ont englouti les deux tiers de mon argent»;1 or, à son arrivée à Genève, il ne put tirer de sa monture que la somme dérisoire de deux écus, tout en se voyant obligé d’acheter «des hardes et du linge» puisqu’il n’avait presque rien emporté de France; il trouva pension à 18 livres par mois — ce qu’il appelle vivre «à beaux deniers comptans» — et il se mit anxieusement en quête d’un poste de précepteur, sachant bien que de longtemps il ne recevrait pas de nouveaux subsides du Carla.

Preview

Unable to display preview. Download preview PDF.

Unable to display preview. Download preview PDF.

References

  1. 7.
    François Turrettini (1623–1687), l’un des professeurs de théologie de l’Académie, y était le champion de l’orthodoxie la plus rigide. Cf. Eugène de Budé, Vie de François Turrettini, théologien genevois … Lausanne, Bridel, 1871, in-12, 300 pp. et surtout, Gerrit Keizer, François Turrettini, sa vie et ses oeuvres et le Consensus, thèse de doctorat en théologie, Lausanne, Bridel, 1900, in-8°, 330 pp.Google Scholar
  2. 27.
    à Jacob, 2/11/1670, Rom. Rev. XXIII (1932, 3), p. 220; cf. OD2IB, p. 7b. Le professeur d’hébreu, Pierre de la Fontaine, enseignait cette langue à l’Académie depuis 1661; le proposant que Bayle mentionne ici est, selon toutes vraisemblances, Michel Turrettini, cousin du professeur de théologie, qui succéda à la Fontaine en août 1676, après la mort de ce dernier. Cf. Charles Borgeaud, Histoire de l’Université de Genève, I. L’Académie de Calvin, 1559–1798, Genève, Georg, 1900, in-4°, p. 365 et p. 367. Cf. aussi à Minutoli, 14/9/1676, OD2IV, p. 569a.Google Scholar
  3. 32.
    Cf. Eugène de Budé, Vie de Jean-Robert Chouet, professeur et magistrat genevois 1642–1731, Genève, Reymond, 1899, in-12, 301 pp. et Joseph Prost, La philosophie à l’ Académie protestante de Saumur 1606–1685, Thèse, Paris, 1907, qui est d’ailleurs, sur ce point précis, largement tributaire de l’auteur précédemment cité.Google Scholar

Copyright information

© Martinus Nijhoff Publishers, Dordrecht 1985

Authors and Affiliations

  • Elisabeth Labrousse

There are no affiliations available

Personalised recommendations