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Le Carla; la Formation 1647–1668

  • Elisabeth Labrousse
Part of the Archives Internationales d’Histoire des Idees/International Archives of the History of Ideas book series (ARCH, volume 1)

Résumé

C’est essentiellement par sa correspondance avec les siens que nous pouvons avoir quelques lueurs sur ce qu’était Bayle dans sa jeunesse, car, ni son époque, ni la nature de ses ouvrages ne l’invitaient à faire part à ses lecteurs de réminiscences personnelles. Fort heureusement, Joseph, son frère cadet, qui n’avait que douze ans et quelques mois lorsque Pierre quitta définitivement Le Carla, prit l’initiative d’engager une correspondance avec son frère vers la fin de 1674; le jeune homme était alors dans sa dix-neuvième année et, tout comme Pierre autrefois, il se morfondait en attendant que son père fût en mesure de l’envoyer à Puylaurens — ce qui ne fut possible qu’en novembre 1676;1 on imagine sans peine le prestige qui auréolait pour lui le frère aventureux dont les lettres étaient à l’occasion lues à des amis de confiance qui s’extasiaient sur l’esprit dont elles témoignaient.2 Mû par l’ambition d’être lui aussi le destinataire de certaines de ces épîtres, jusqu’ alors réservées aux parents de Pierre et à son frère aîné, le jeune Joseph écrivit coup sur coup deux «grandes dépêches» à Rouen;3 tout de suite, et c’est une preuve de finesse et de cœur, Bayle répondit amplement à son frère et, dorénavant, il correspondit assez régulièrement avec lui. Or les lettres de Pierre à Joseph sont de beaucoup les plus riches au point de vue personnel: s’il y est fort question des derniers livres parus, Bayle y prodigue aussi les directives et les conseils, appuyés sur son experience, celle de son adolescene comme celle qu’il a acquise depuis comme précepteur, puis comme professeur.4

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References

  1. 56.
    Cf. Chevalier, op. cit. (supra 1, note 31), p. 614 sur le caractère primitif des communications dans cette région jusque vers le milieu du XVIIle siècle; il n’y avait aucune route carrossable dans tout le Pays de Foix et le voiturage y étant impossible, les marchandises étaient transportées uniquement à dos de mulets. Sur l’état exécrable des chemins dans la région de Puylaurens, cf. Charles Pradel, Notes historiques sur la ville de Puylaurens Toulouse, Privat, 1907, in-8°, p. 176–177.Google Scholar
  2. 74.
    le 18/7/1695, cf. OD2IB9 p. 175a et ms. Jean Bruguière de Naudis, fils d’un frère de sa mère, avait à peu près le même âge que Bayle et fut étudiant à Toulouse en même temps que lui: cf. infra 4, p. 75. Nous ignorons qui il épousa vers 1675: en 1678, il avait déjà deux fils. Il vécut au Caria ou dans ses environs immédiats. Il abjura sans sincérité à la Révocation; en 1699, est mal n°té à cet égard dans un rapport de police ecclésiastique (cf. U. de Robert-Labarthe, Histoire du Protestantisme dans le Haut Languedoc … Paris, 1892, I, p. 179), mais son fils puiné, Charles, qui devait hériter des papiers de Bayle, avait fait une partie de ses études au collège que la Compagnie de Jésus avait à Toulouse et il resta toujours en bon termes avec ses anciens maîtres.Google Scholar

Copyright information

© Martinus Nijhoff Publishers, Dordrecht 1985

Authors and Affiliations

  • Elisabeth Labrousse

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