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Le Carla; le Milieu Familial 1647–1668

  • Elisabeth Labrousse
Part of the Archives Internationales d’Histoire des Idees/International Archives of the History of Ideas book series (ARCH, volume 1)

Résumé

Moins de vingt-cinq ans après la mort de Bayle, Desmaizeaux publia sa Vie 1, dont une première esquisse avait paru en traduction anglaise dès 17082. Le philosophe avait rencontré son futur biographe en 1699,3 lorsque, jeune Réfugié venant de Suisse, celui-ci avait traversé Rotterdam 4 avant de gagner l’Angleterre pour y chercher fortune. Par la suite, Desmaizeaux était devenu peu à peu l’un des correspondants les plus assidus de Bayle et, bien que le ton de leurs lettres reste passablement formaliste, le vieil homme semble avoir conçu une certaine affection pour son admirateur londonien: c’est ainsi qu’il s’ingénia à lui faire cadeau de «bouquins»,5 se rappelant sans doute le supplice de Tantale que la pauvreté avait si longtemps infligé à sa propre passion pour les livres. Après la mort de son célèbre ami, Desmaizeaux mit une diligence persévérante à réunir sa correspondance et à recueillir les témoignages de ceux qui l’avaient connu:6 grâce à ses patientes enquêtes, il eut communication du «Calendarium carlananum»7 — interrompu malheureusement en 1687 8 — dans lequel Bayle avait noté et minutieusement daté les évènements les plus marquants de sa vie; il était relativement aisé à Desmaizeaux de fixer avec une exactitude comparable les dates ultérieures de la carrière du philosophe et ainsi sa Vie de M. Bayle est remarquablement documentée et précise quant aux faits et aux dates.

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References

  1. 4.
    Cf. E. Labrousse, «Bayle et l’établissement de Desmaizeaux en Angleterre», Revue de littérature comparée (XXIX), avril-juin 1955, p. 251-7. A quoi l’on doit ajouter le document suivant, minute d’un curriculum vitæ rédigé par Desmaizeaux: «I came to England in the year 1699 and, being recommended by the famous Mr Bayle to the Earl of Shaftesbury, etc.» (Br. Mus. Add. 4. 289, 266 ).Google Scholar
  2. 17.
    Cf. F.P.2, art. «Bardon» (I, col. 814) et Michel Nicolas, Histoire de l’Académie de Montauban, Montauban, 1885, in-8°, p. 38. Jean Bardon était commis au paiement des Eglises de Haute-Guyenne, Haut-Languedoc et il fut Ancien et Trésorier du Consistoire de Montauban à diverses reprises. Il avait avancé le traitement des professeurs de l’Académie et la pension d’une veuve de ministre; l’argent ne lui fut remboursé qu’au synode de Castres, en 1637, où d’ailleurs décision fut prise d’avertir les trésoriers qu’à l’avenir on les priait de ne jamais rien débourser au delà des sommes qui leur auraient été remises - autrement dit, en cas de circonstances difficiles, le synode entendait ne pas se trouver engagé à faire face à ses charges financières normales; le détail est typique quant aux méthodes administratives des autorités réformées au XVIIe siècle; cf. infra, p. 13, l’irrégularité avec laquelle étaient payés les traitements des ministres et notre article, B.S.H.P. (CVI et CVII), 1960 et 1961, «L’Eglise Réformée du Caria en 1672–1673, d’après le registre des délibérations de son Consistoire», spécialement i960, pp. 200–201.Google Scholar
  3. 24.
    Cf. H. Castillon d’Aspet, Histoire du Comté de Foix depuis les temps anciens jusqu’à nos jours, Toulouse, Cazaux, 1882, 2 vol. in-8°, tome II-ouvrage médiocre et vieilli, mais le seul qui existe sur ce sujet. Vers 1580, la juridiction du Caria semble avoir compté 2.000 habitants; on conjecture que ce nombre se réduisit d’au moins 15% au XVII e siècle, parce que, la paix revenue, les réfugiés calvinistes qui avaient grossi la population regagnèrent leurs villages d’origine.Google Scholar
  4. 35.
    Cf. David Durand, Vie d’Isaac Jaquelot, Londres, 1785, p. 301.Google Scholar
  5. 38.
    Cf. Alice Wemyss, Les Protestants du Mas-d’Azil, histoire d’une résistance, 1680-1830, Toulouse, Privât, 1961, in-8°, 384 pp. — Bibliothèque Méridionale, Ile Série, tome XXXVI — p. 46. L’auteur (communication orale) a calculé qu’au XVIe siècle, dans la seule ville du Mas-d’Azil, 23 familles, soit environ 115 personnes, étaient apparentées aux d’Usson; ceux-ci étaient pratiquement cousins de toute la noblesse calviniste de la région et donc, au moins indirectement, d’une bonne partie de la couche supérieure de la bourgeoisie et, à cause d’une certaine fluidité sociale, de quelques représentants de classes beaucoup plus modestes. Reste à savoir si la parenté était encore ouvertement avouée dans les cas extrêmes, tel que celui d’un simple brassier (ouvrier agricole) ?? Mais elle l’était avec des bourgeois et quand Bonrepaux viendra en Hollande comme ambassadeur après la Pamp;ix de Ryswick, il traitera Bayle en cousin.Google Scholar
  6. 45.
    Sur David Durand, consulter Barbier Notice sur… David Durand, Paris, 1809, in-8°, 23 pp. Il faut rectifier ce biographe sur divers points: il place l’amitié de Bayle avec David Durand après le retour d’Espagne de celui-ci, en 1708 ou 1709, ce qui est absurde puisque Bayle mourut en 1706. Heureusement dans sa Vie de Jaquelot, rédigée vers la fin de la vie de Durand et qui parut après sa mort, à Londres, en 1785, Durand donne divers détails igno¬rés par Barbier. On apprend (cf. p. 216) que 45 Durand se trouvait en Hollande dès 1699 et que c’est André Terson (cf. infra 9, note 122) qui le présenta au philosophe — c’est donc très vraisemblablement à Terson, originaire de Puylaurens, que Durand est redevable des ren-seignements peu flatteurs qu’il acquit sur l’éloquence de Jean Bayle. Il est beaucoup question de Bayle à partir de la page 300. Durand le juge fort sévèrement - ou du moins le jugeait ainsi vers la fin de sa vie, quand il écrivait son livre; c’est selon lui un impie dangereux, disciple de Vanini, etc. — mais il ne cache pas qu’il l’a fréquenté assez amicalement: on peut douter que dans les premières années du siècle Durand ait jugé aussi durement Bayle qu’il devait le faire par la suite.Google Scholar
  7. 51.
    Le salaire des ministres était assuré — en principe — par une taxe spéciale, calculée sur la base de la taille; le recouvrement en était confié à un officier municipal ou, ce qui semble le cas le plus fréquent, au Consistoire local, car chaque ministre était payé par son Eglise. Il appartenait au Consistoire de veiller à la rentrée des fonds et, le cas échéant, le ministre pouvait signaler au Synode les irrégularités que subissait le versement de ses gages. Théoriquement, le Consistoire pouvait faire saisir le contribuable récalcitrant, mais ce recours semble n’avoir été que très exceptionnellement mis en œuvre. Quant aux armes spirituelles, suspension de la Gène par exemple, les Consistoires y recouraient indirectement par la voie du méreau, mais en Languedoc, il ne semble pas avoir été refusé à un fidèle pour des raisons simplement fiscales. Sur la situation dans cette région, cf. (pour la première moitié du XVIIe siècle) Jean Philip de Barjeau, Le protestantisme dans la vicomté de Fezensaguet, Auch, 1891, p. 61–64; Grenier-Fajal, op. cit. (supra note 30); et l’étude que nous avons consacrée au Registre du Consistoire du Caria pour les années 1672–1673, (citée supra note 17).Google Scholar
  8. 53.
    Ce détail est de 1683; le petit valet avait alors douze ans. Cf. Abbé Jean Lestrade, Les Huguenots dans le diocèse de Rieux, documents inédits, Paris, Champion, 1904, page 115, note 1.Google Scholar

Copyright information

© Martinus Nijhoff Publishers, Dordrecht 1985

Authors and Affiliations

  • Elisabeth Labrousse

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