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DE L’EXPÉRIENCE DE LA VIE FACTICIELLE À LA PHILOSOPHIE ET RETOUR

Chapter
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Part of the Phaenomenologica book series (PHAE, volume 221)

Abstract

[3] Il y a une indéniable « particularité des concepts philosophiques » (GA60, 3), et c’est d’elle que l’analyse doit partir, car c’est elle qui fait son unicité. « Dans les sciences positives, les concepts sont déterminés par leur intégration ordonnée dans un ensemble objectif ou matériel, et plus cet ensemble est défini, mieux les concepts sont connus. Les concepts philosophiques sont en revanche oscillants, vagues, multiples et fluctuants, comme cela se vérifie dans la variation des points de vue philosophiques » (GA60, 3). On trouve dans cette description une première raison de prendre le parti de la philosophie plutôt que celui de la science, ou plutôt d’une autre science. La philosophie n’est pas cloisonnée mais ouverte sur tout, attachée à rien d’autre qu’elle-même et donc libre. Cette liberté se paie : elle se voit souvent reprocher d’être imprécise, confuse, nébuleuse. Mais la philosophie n’abandonnerait son nomadisme pour rien au monde. La délimitation des concepts dont elle use est un moyen et non une fin. Elle se refuse à figer sa méthodologie comme sa terminologie, estimant que cela reviendrait à figer du même coup son objet. Or, ce qui l’intéresse, c’est de suivre cet objet dans sa mobilité fondamentale, ce qui implique de ne pas le considérer comme un banal « objet » (Objekt), non plus seulement comme un « objet » (Gegenstand), mais comme un « phénomène » (Phänomen) – quand bien sûr il se révèle en être un (GA60, 35–36). Il s’ensuit que les concepts philosophiques véhiculent une certaine « insécurité » (Unsicherheit), qu’ils sèment partout où ils sont employés (GA60, 3).

Copyright information

© Springer International Publishing Switzerland 2017

Authors and Affiliations

  1. 1.Institut supérieur de philosophieUniversité catholique de LouvainLouvain-la-NeuveBelgium

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