L’œuvre de David Mitchell ou la fable du contemporain

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Notes

  1. 1.

    Sur la notion de contemporain et sur ses propriétés, voir le bref mais éclairant essai de Giorgio Agamben, intitulé Qu’est-ce que le contemporain ? (2008). De même, pour une spécification du roman selon notre contemporain et ses implications, se référer à l’ouvrage de Jean Bessière, Le Roman contemporain ou la problématicité du monde (2010).

  2. 2.

    Sur le roman global et sur une première caractérisation, se référer à la mise au point d’Erica Durante, « D’une intertextualité caduque au roman global. Quelques remarques sur la notion d’interdépendance à partir d’Alain Mabanckou et d’Édouard Glissant » (2015).

  3. 3.

    Touchant le futur, il faudrait même dire que le roman dessine des mondes possibles, qui ne s’actualiseront peut-être jamais. De telles notations sur la figuration du futur, de sa possibilité et de son incertitude sont d’ailleurs particulièrement lisibles dans le roman de science-fiction. À cet égard, pour les données cognitives et anthropologiques qui sous-tendent cette représentation, se référer aux essais de Jean Bessière, Qu’est-il arrivé aux écrivains français ? D’Alain Robbe-Grillet à Jonathan Littell (2006) et Le Roman contemporain ou la problématicité du monde (2010).

  4. 4.

    Sur la sortie du temps linéaire et sur la figuration romanesque d’une telle sortie, nous nous permettons de renvoyer à notre article « Du temps linéaire au temps global. Penser au-delà de la modernité avec la fiction contemporaine » (2018).

  5. 5.

    Une telle notation se répète d’ailleurs dans bien des romans contemporains dits post-apocalyptiques. Il suffit de citer, parmi tant d’autres, La Route (The Road, 2006) de Cormac McCarthy ou Villa Vortex (2003) de Maurice G. Dantec, deux romans dans lesquels les explicites reconnaissance et survenue de l’Apocalypse n’empêchent pas le dessin d’un temps et d’un monde nouveaux, qui continuent à se définir par rapport aux autres temps – ils sont le temps et le monde qui viennent après l’Apocalypse.

  6. 6.

    Comme allégorie de ce temps délié, de cette narration sans linéarité, il convient de rappeler le roman d’Édouard Glissant, Tout-monde (1993).

  7. 7.

    Sur le point de vue de nulle part, voir The View from Nowhere de Thomas Nagel (1986). Pour la reprise d’un tel concept en littérature, ses extensions et ses implications, voir Le Roman contemporain ou la problématicité du monde (Bessière 2010).

  8. 8.

    Sur la fatigue du narrateur et sur le narrateur submergé, se reporter à l’essai de Beatriz Sarlo, Escritos sobre la literatura argentina (2007).

  9. 9.

    Sur la polyphonie du roman, voir Esthétique et théorie du roman de Mikhaïl Bakhtine (1978). Pour une reconsidération de la polyphonie, notamment au regard d’Écrits fantômes, voir Questionner le roman de Jean Bessière (2012).

  10. 10.

    Sur la dualité hasard-nécessité, voir Le Roman contemporain ou la problématicité du monde (Bessière 2010).

  11. 11.

    Sur ce point, il faudrait répéter l’exemple d’Édouard Glissant (1993).

  12. 12.

    Pour une réflexion éthique et philosophique sur le statut du clone et, plus généralement, du posthumain, lire Demain les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ? de Jean-Michel Besnier (2009).

  13. 13.

    Sur la perspective naturaliste, lire Par-delà nature et culture de Philippe Descola (2005).

  14. 14.

    Trad.: « Premièrement une voix imaginaire me parlait. Ce phénomène m’effraya ; puis je compris que personne ne pouvait entendre cette voix que les sang-purs nomment “conscience” » (Mitchell 2007, 278–279).

  15. 15.

    Sur une étude systématique et détaillée du rapport entre humain et non-humain, dans de nombreuses civilisations, voir Par-delà nature et culture (Descola 2005). Sur le Grand Partage, proprement occidental, entre l’humain et le non-humain, se reporter également à Nous n’avons jamais été modernes de Bruno Latour (1991).

  16. 16.

    Sur une telle reconsidération, voir entre autres les travaux de l’Institut pour le futur de l’Humanité de l’Université d’Oxford (Future of Humanity Institute), et notamment The Transhumanist FAQ. A General Introduction de Nick Bostrom (2003).

  17. 17.

    Cette thèse et cette typologie sont également celles de Descola (2005).

  18. 18.

    Pour une actualisation romanesque de la perspective technologique, voir La Possibilité d’une île de Michel Houellebecq (2005). Pour une figuration romanesque de la perspective animiste, se référer à Mémoires de porc-épic d’Alain Mabanckou (2006). Pour un dessin romanesque de la perspective totémiste, voir Baby No-Eyes de Patricia Grace (1998).

  19. 19.

    Sur la notion de problématicité, voir évidemment les travaux de Michel Meyer (1986, 1992, 2000).

  20. 20.

    On répète ici les thèses d’Agamben (2008), appliquées au roman.

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Dehoux, A. L’œuvre de David Mitchell ou la fable du contemporain. Neohelicon (2020). https://doi.org/10.1007/s11059-020-00542-1

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